Romi Quirion

Ambassadrice des créateurs québécois

Un poulet aux prunes qui laisse sur notre faim

Cinq ans après le succès du film d’animation autobiographique Persepolis, les auteurs Marjana Satrapi et Vincent Paronnaud ont décidé de mettre en scène la bande dessinée Poulet aux prunes en ayant recours cette fois-ci à de vrais acteurs. L’adaptation cinématographique de ce conte mélancolique n’était pas une tâche facile…

 L’histoire se déroule à Téhéran en 1958. Nasser Ali (Mathieu Amalric), un grand musicien de tar, ne vit que pour la musique. Celui-ci a perdu son instrument, car sa conjointe l’a brisé lors d’une violente dispute conjugale. Il essaie en vain de le remplacer, mais il n’est plus capable de jouer comme jadis. Il décide alors de mourir en attendant que la mort vienne le chercher dans son lit. Sa déchéance racontée sur huit jours d’agonie permet d’en connaître un peu plus sur la relation qu’il entretient avec son entourage (ses enfants qu’il trouve insensibles à ce qu’il vit, son frère, sa mère dominatrice et son épouse qu’il n’a jamais aimée). On en apprend également un peu plus sur son amour impossible avec une jeune femme de la haute bourgeoisie.

Les deux auteurs voulaient tenter autre chose avec leur second film. L’histoire est ardue à suivre puisqu’il y a constamment des allers-retours dans le passé et le futur des personnages. On perd ainsi un peu le rythme… Et que dire de cette voix hors champ qui prend trop de place? Dommage, car j’ai trouvé les acteurs émouvants dans l’ensemble, mais ils n’ont pas assez de place pour s’exprimer. Édouard Baer est amusant dans le rôle de l’ange de la mort et Mathieu Amalric est étonnant en musicien écorché vif. Aussi, on mélange les styles (animation, prises de vue réelles, marionnettes). Certaines scènes m’ont déplu, car on veut maladroitement faire rire. C’est le cas lors de l’énumération de différentes façons de se suicider auxquelles pense le violoniste ou encore l’avenir du fils qui est conté sous forme d’un mauvais feuilleton à l’américaine.

 Même si à priori l’histoire semble triste, il n’en demeure pas moins que c’est une touchante histoire d’amour qui nous fait réfléchir sur nos relations avec les autres. On sourit à quelques moments puisque Satrapi use d’un humour décapant! Selon moi, le film ne rend pas justice à la bande dessinée qui a gagné le prix du meilleur album au festival d’Angoulême en 2005.

Titre: Poulet aux prunes

Genre: comédie dramatique

Réalisateurs: Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud

Acteurs: Mathieu Amalric, Édouard Baer, Maria de Medeiros, Golshifteh Farahani, Éric Caravaca, Chiara Mastroianni et Jamel Debbouze

Classement: général

Durée: 1h33

romi

Un commentaire sur “Un poulet aux prunes qui laisse sur notre faim

  1. L’affiche m’avait beaucoup intriguée (un petit gout d’onirisme ?) mais j’avoue que déjà la bande annonce m’avait laissée plus que perplexe. Du coup, après avoir lu pleins d’avis mitigés comme le tien, je ne l’ai jamais vu ! Alors que Persepolis était si bon !!! Peut-être le verrais-je un soir où je n’aurais rien à ne me mettre sous la dent, histoire de me faire également ma propre opinion 🙂

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