Musée de la rue

Photo : Sylvain Lussier

 

Publié dans le Journal de rue du mois de septembre 2010 et sur le site de MURIRS.

M.U.R.I.R.S. signifie Murales urbaines à revitalisation d’immeubles et de réconciliation sociale. Créé en 1999, cet organisme à but non lucratif a permis la réalisation de onze murales criantes de vérité. Ce sont des artistes de la région qui expriment leurs talents et qui améliorent le décor urbain favorisant ainsi l’activité touristique.

Rigueur

L’organisme a eu accès à des subventions grâce à l’acharnement de Serge Malenfant, président et fondateur. D’abord, l’artiste a observé les muralistes les plus renommés d’Europe et d’Amérique du Nord. Ensuite, il a fait des démarches pour convaincre la population de la faisabilité et des bénéfices de son projet. Pour démontrer à la ville le potentiel économique de son idée, il prit pour exemple le village de Chemainus en Colombie-Britannique. Celui-ci accueille 400 000 touristes chaque année depuis qu’il s’est doté de 42 murales. Hélène Fleury a donné une formation de muralistes aux peintres  composant l’équipe. Elle est connue pour enseigner des techniques de trompe-l’oeil.  « On a créé nos outils, notre technique et on est fier de former et  de faire travailler des artistes d’ici. » Ce n’est pas toujours le cas ailleurs! À Québec, par exemple, pour la Fresque des Québécois réalisée en 1999, les artistes étaient majoritairement Lyonnais.

Préparation

Quand je demande au président de M.U.R.I.R.S. quelle oeuvre a été la plus difficile à réaliser, il m’explique : « Chaque fois, on frappe un mur! Il y a toujours des imprévus qui ralentissent le processus de production. On ne fait pas seulement peindre une murale, il y a plusieurs contrats à signer et il faut s’entendre avec le propriétaire du bâtiment avant de pouvoir commencer le travail. » Le mur dirige le contenu de l’oeuvre par sa dimension, son style architectural, son histoire et son environnement. Après, une recherche historique est entreprise pour les détails architecturaux, les photos de références et les objets d’époque. Une séance photos de personnages fictifs est nécessaire avant que ceux-ci soient illustrés. Ils sont costumés avec les habits d’antan et sont placés comme ils doivent être peints. Lorsqu’on voit les murales de loin, on croit vraiment que ce sont des gens réels. L’équipe sherbrookoise se différencie des autres car ses artistes ne reproduisent pas une personne historique à partir d’une toile, ils mettent plutôt les individus en interaction. Si on porte attention aux petits détails, il y a également plusieurs éléments dispersés qui reviennent (coccinelles, lutins, mouches…) sur chacune des fresques. L’organisme a aussi réalisé un concept novateur et unique avec la murale à 180 degrés (coin Bowen et King).

Mérites et projets

Les artistes ont été couronnés Personnalité centre-ville 2003. Ils ont également reçu les prix du Mérite estrien culture 2004 et des Leaders estriens culture 2009. Serge Malenfant, quant à lui, s’est mérité le prix Imelda-Lefebvre de l’engagement communautaire de la Société Saint-Jean-Baptiste. De plus, le collectif a déposé un dossier de candidature pour accueillir en 2012, le 8e congrès international : Global Mural Arts and Tourism Conference.

Lorsque j’interroge l’initiateur de M.U.R.I.R.S. sur le nombre de murales qu’il désire réaliser, il me répond à la blague qu’il s’arrêtera à la muraille de Chine. En fait, il n’a pas vraiment de limites pour son groupe qui est reconnu comme une sommité dans cette forme d’art. Toutefois, il aimerait faire de plus petites fresques de styles variés. La 11e murale verra le jour sur le Comptoir familial et aura pour thème les différentes légendes d’ici. Le passionné d’histoire trouve important d’illustrer l’histoire de la région, car il constate que peu de gens connaissent leurs racines.

Par le biais du dépliant intitulé Sherbrooke, terre des fresques murales, un itinéraire peut être parcouru à pied, à vélo, en moto ou en auto, et ce, en toutes saisons. Les visiteurs pourront s’enthousiasmer devant les dix fresques accomplies par plus d’une trentaine d’artistes depuis 2002. Vous pouvez aussi faire la tournée des grandes murales avec le tour guidé Par le Chemin des fresques. Et finalement, en première mondiale, Mémoire vive, un circuit patrimonial interactif utilisant le iPad est disponible en location au Bureau d’information touristique de Sherbrooke, à la Société d’histoire et au Musée de la nature et des sciences.