Entrevue avec Claudia B. de Bijoutia: De la matière récupérée qui se transforme en bijoux d’exception

Bijoutia

C‘est lors de la deuxième édition du Salon Bijou Bijoux, qui se déroulait au Marché Bonsecours, que nous avons rencontré l’intense Claudia B. qui revalorise les matières délaissées telles que les ordinateurs, les ustensiles ou les anciennes pièces de Scrabble, par exemple. La créatrice conçoit des pièces uniques tout en se renouvelant constamment, car ses œuvres vont au gré de ses émotions. Rencontre avec une femme inspirante qui partage de belles valeurs et qui s’implique dans sa communauté.

L’artiste écodesigner en est à sa deuxième participation au Salon Bijou Bijoux. Lorsque nous lui avons demandé pourquoi elle aime participer à ce rendez-vous pour amateurs de bijoux, elle explique: «Ce qui est intéressant, c’est qu’il y a beaucoup de gens qui fabriquent des bijoux. Ça permet de voir la diversité de ce qui se fait autour de nous. De répondre aussi à tous les goûts. Il y a des gens qui vont créer avec la perle, certains qui recyclent et d’autres qui font des choses beaucoup plus élaborées. Ça permet vraiment de regrouper toutes les tendances qui se font en bijoux à Montréal.»

Cette femme impliquée socialement détient une maîtrise en neurosciences puisque ses parents ne croyaient pas qu’elle pouvait gagner sa vie en tant qu’artiste. En 2004, Claudia a fait une levée de fonds pour l’école de sa fille. En partenariat avec une joaillière, elle a monté un programme dans lequel elles vendaient des bijoux. En cours d’année, sa partenaire est partie, alors elle a pris le relais du projet. Cette expérience lui a donné la piqûre pour créer des bijoux chez elle par la suite.

Bijoutia est né de l’urgence, car la propriétaire n’a pas fait d’étude de marché, elle ne s’est pas demandé si les gens aimaient son produit, s’il était viable… Elle a suivi son instinct et l’artiste précise qu’elle a été soutenue par son quartier, le Plateau Mont-Royal. Les gens lui conseillaient de vendre ses œuvres dans les boutiques. Les débuts ont été difficiles, confie-t-elle, car il y a eu beaucoup d’investissement. Elle possède plus de dix grosses machines dans son atelier, du matériel de base; on parle alors de sommes considérables. Depuis quatre ans, elle n’a plus de dettes et elle gagne bien sa vie.

La récupératrice compulsive adore donner une seconde vie à la matière: «C’est l’essence même de ma création. Ce que j’aime, c’est de sauver la matière, pourquoi, je ne le sais pas! Peu importe ce que je trouve, je vais le ramasser, le donner à quelqu’un, le faire circuler, le recycler… C’est toujours le défi d’aller plus loin. Quand on vient chez moi, c’est un chaos énorme parce que je ramasse, mais c’est dans ce chaos que je crée.»

Celle qui fait des miracles avec le matériel récupéré mentionne qu’elle crée en fonction de ce qu’elle vit et de ses émotions: «L’inspiration vient de la vie, elle vient du quotidien. L’artiste et moi, on ne fait qu’un. Si j’ai de la peine, je vais créer des collections plus tristes. Quand mes enfants sont partis, j’ai créé une collection qui s’appelle « Sans compter », c’est un cœur dans lequel il y a un trou. Ça représente l’amour que l’on donne inconditionnellement à ses enfants. Je crée pour les gens qui ont de l’émotion et chaque pièce est porteuse d’histoire.»

La propriétaire de Bijoutia a un contenant de recyclage en avant de chez elle pour permettre aux gens de venir lui porter de la matière. L’information circule sur les réseaux sociaux, il y a beaucoup de bouche à oreille, donc elle récupère abondamment de matériaux désuets chaque semaine. Elle travaille avec Recyc-Ordi en leur donnant de la matière non utilisée pour ses créations une fois par mois. Les objets qui fonctionnent encore, Claudia les envoie, par exemple, à des organismes communautaires.

En septembre, l’artiste verte a un projet avec neuf classes allant de la maternelle à la sixième année dans une école de Boucherville. Elle souhaite, avec l’aide des enfants, créer une forêt nommée «ArboR’escence», laquelle serait composée de dix-huit arbres en cyberdéchets détournés des sites d’enfouissement. La femme engagée fut inspirée par Wangari Maathai, qui a fondé le Mouvement de la ceinture verte en 1977. La Kényane, lauréate du prix Nobel de la paix en 2004, a planté sept arbres le Jour de la terre pour lutter contre la déforestation.

Le projet a germé parce que les touches d’ordinateur s’accumulent dans son atelier, les clients n’achetant que les messages (control, enter, delete, fin…). Avec le surplus de touches (les lettres et les chiffres), Claudia a eu l’idée de faire les arbres en cyberdéchets. Ses ateliers créatifs avec les jeunes durent six semaines pour qu’ils ne voient plus jamais le déchet de la même façon ensuite, pour changer les mentalités. Elle désire faire cette forêt virtuelle afin de sensibiliser les gens au sujet de la surconsommation: «Voulons-nous léguer à nos enfants une forêt de plastique?»

Évènements à surveiller: Bijoutia sera à la semaine des Artisans de Laval, qui aura lieu du 6 au 10 août prochain, ainsi qu’au Grand Débarras à la fin août. Pour découvrir ses bijoux différents et écoresponsables, visitez sa boutique en ligne au bijoutia.com.

Entrevue avec Laurane Cambacérès de Chez Laurette: Des bijoux gourmands qu’on déguste avec les yeux

Publié le 1er juillet 2014 sur Bible urbaine

ChezLaurette

 

C‘est lors de la deuxième édition du Salon Bijou Bijoux, qui se déroule actuellement au Marché Bonsecours, que nous avons rencontré l’adorable Laurane Cambacérès pour en savoir un peu plus sur son amour des pâtisseries. La créatrice sculpte à la main dans la pâte polymère de délicats gâteaux, glaces et macarons avec beaucoup de minutie. Ses créations s’approchent tellement de la réalité qu’on les dirait vraies. Les créations de Chez Laurette, où prédomine le rose, sont appétissantes et leur côté ludique nous emporte dans un monde sucré et vintage.

Laurane Cambacérès en est à sa première participation au Salon Bijou Bijoux. Lorsque nous lui avons demandé pourquoi elle désire participer à ce regroupement d’artistes passionnés par le bijou, elle explique: «C’est le fun d’être avec d’autres créatrices qui ne font pas les mêmes choses que moi et qui partagent cette passion pour les bijoux. L’an passé, je n’ai pas participé et cette année, quand ils m’ont contacté, j’étais très heureuse. J’ai jamais participé à un salon aussi long et gros, qui dure quand même quatre jours…»

La jeune entrepreneure a commencé à faire des bijoux en pâte polymère depuis longtemps, mais elle est établie dans le métier depuis trois ans, après s’être installée définitivement à Montréal. Elle explique qu’elle a été soutenue au Québec pour partir son projet, contrairement à la France où il est plus difficile de gagner sa vie avec cette activité. Ici, il y a vraiment une considération pour les entrepreneurs qui est intéressante, selon l’artiste.

L’amoureuse de gourmandises mentionne qu’elle s’inspire des vitrines de boutiques de pâtisseries pour ses collections: «Ils renouvellent leur concept et moi je les fais en bijoux. La boutique Point G, par exemple, m’inspire énormément, car ils sortent toujours des couleurs vraiment folles. Ça m’aide à faire de la nouveauté tout en restant quand même dans mon concept.»

Elle utilise la pâte polymère, car elle explique qu’elle peut faire tout ce qu’elle veux avec cette matière: «Je peux tout sculpter dedans, je fais mes couleurs, j’ai une liberté d’utilisation infinie que je n’aurais pas avec d’autres matériaux. Je peux alors donner libre court à mon inspiration.»

Selon Laurane, elle se distingue des autres créatrices de bijoux par:«La petite folie qu’il y a dans mes bijoux, la gourmandise et le détail dans chacune de mes pièces qui est vraiment apprécié de mes clientes. C’est aussi mon choix de couleurs, le style gourmand et enfantin que beaucoup de femmes ont gardé en elles, je pense.» On remarque également la présence de sa couleur préférée sur plusieurs de ses œuvres: le rose. Elle ajoute qu’elle utilise aussi cette couleur à cause de son camaïeu possible à exploiter.

La conceptrice est particulièrement fière de sa création multichaînes qui se retrouve dans sa collection été, car cela demande plusieurs heures de travail et beaucoup de patience pour faire les breloques et assembler les chaînes. D’ailleurs, Laurane porte beaucoup cette création et les gens s’arrêtent souvent pour l’admirer. Ses plus gros vendeurs, lors des salons, sont les boucles d’oreilles beignes et macarons. Elle constate: «Je pense à l’accessibilité du prix. Elles sont seulement 14 $. Et à la possibilité de convenir à la fois aux femmes et aux enfants. Pour ce qui est de la vente sur le Web, les pièces plus imposantes comme les fioles ou les cloches sont plus populaires.»

Évènements à surveiller: Chez Laurette sera à l’Espace Pop avec trois autres designers (Kim B, Meemoza et UNA) du 17 au 19 juillet et elle fera partie également des artisans au Marché des possibles, qui a lieu dans le Mile End en août. Pour découvrir ses bijoux gourmands et coquets, visitez sa boutique en ligne au: www.chezlaurette.ca.

Entrevue avec Geneviève Houde de Pinkmuchacha dans le cadre de la Braderie de mode québécoise: Des vêtements aux détails uniques qui sortent de l’ordinaire

Publié le 29 avril 2014 sur Bible urbaine

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C‘est lors de la Braderie de mode québécoise, qui se déroulait au Terminal des croisières Espaces Dalhousie à Québec, que nous avons rencontré Geneviève Houde, fondatrice de Pinkmuchacha, une ligne de prêt-à-porter féminin et tenues pour évènements spéciaux. Entrevue avec la sympathique créatrice qui conçoit de magnifiques collections colorées qui mettent en valeur la silhouette des femmes. On apprécie aussi sa petite touche rétro et ses tissus aux imprimés adorables.

La jeune entrepreneure en est déjà à sa cinquième édition à la braderie de mode de Montréal et à sa deuxième à Québec. Lorsque nous lui avons demandé pourquoi elle aime participer à ce rendez-vous des amateurs de mode, elle nous explique: «C’est sûr que c’est pour le contact avec le public. Moi, je suis chanceuse d’avoir un atelier-boutique, donc je vois un peu ma clientèle comparativement aux autres designers. Ma boutique est située dans le Vieux-Longueuil, alors la braderie ratisse plus large, car c’est aussi des gens qui m’ont découvert sur Internet ou sur Facebook.»

La créatrice de vêtements mentionne qu’elle s’inspire des tissus qu’elle trouve dans les showrooms pour concevoir ses collections: «Ça peut dépendre de beaucoup de choses, mais cela part souvent des tissus. J’achète des surplus de grosses compagnies, des restants de lots. Pour ma collection actuelle d’été, j’avais vu un tissu qui était comme une couverture mexicaine, ce qui a influencé la direction des couleurs et a donné une certaine touche mexicaine. Cela peut aussi partir de quelque chose que j’ai aperçu dans un film ou lors d’un voyage.»

Sa clientèle est ciblée, mais assez large. À sa boutique, elle vend aux femmes de 30 à 60 ans. Cependant, à la braderie, la designer nous explique qu’elle a vendu une camisole à une jeune fille de 15 ans et des robes à des dames de 70 ans. Selon les commentaires des clients, sa griffe a un style original et joyeux, avec une touche rétro. De plus, l’artiste ose la couleur, surtout dans ses collections d’été où elle intègre des motifs comme les pois, les cerises ou les cœurs. «Les gens me disent que mes vêtements sont jeunes. Pourtant, je vends beaucoup aux femmes dans la cinquantaine», constate la conceptrice.

La propriétaire de Pinkmuchacha considère qu’il est primordial d’acheter des produits québécois: «Si je veux que les gens nous encouragent pour que je puisse vivre, que ce soit à l’épicerie ou dans la culture, c’est important d’encourager nos pairs. Je pense qu’il est toujours possible de dénicher des créateurs de vêtements et de bijoux, et de les encourager. Ce mouvement-là est en train de progresser, je le vois lors des braderies et dans ma boutique. Les gens recherchent ce qui est fabriqué au Québec. Ils posent beaucoup de questions et ils sont contents lorsqu’on leur dit que c’est fait ici.»

Geneviève possède sa boutique-atelier dans le Vieux-Longueuil depuis un peu plus de deux ans. Au départ, ce n’était pas censé être une boutique, elle désirait simplement posséder un atelier ouvert au public. Finalement, à cause des permis de la ville, la créatrice a fait moitié boutique, moitié atelier. En plus de sa marque, on y retrouve également les créations de Fluolido et d’Euphory Design. Prochainement, elle souhaite intégrer d’autres artistes vu que son local s’est agrandi.

En primeur: une soirée est prévue pour promouvoir l’arrivée de nouveaux designers de bijoux et de vêtements à la boutique-atelier Pinkmuchacha. Pour plus de détails sur cet évènement et pour découvrir ses coquettes créations, visitez son site Web au: www.pinkmuchacha.com.

 

 

 

 

 

 

 

Entrevue avec Marie-Kim Lavigne de Fluolido dans le cadre de la Braderie de mode québécoise: De précieux camées d’une irrésistible beauté

Publié le 23 avril 2014 sur Bible urbaine

Fluolido

C‘est lors de la Braderie de mode québécoise, qui se déroulait au Terminal des croisières Espaces Dalhousie à Québec, que nous avons rencontré la pétillante Marie-Kim Lavigne pour en savoir un peu plus sur sa passion. La créatrice conçoit de magnifiques camées en y intégrant des photographies et des images encollées sous verre. Ses créations sont également offertes dans un vaste éventail de couleurs. Il est difficile de se contrôler avec Fluolido puisqu’on veut se procurer plusieurs de ces petites merveilles.

Marie-Kim Lavigne en est à sa première participation à la braderie. Ravie de participer à ce regroupement de talents québécois, la créatrice souligne qu’elle y expose ses bijoux «pour le contact avec les exposants, parce que c’est toujours intéressant de voir le travail des autres, mais aussi pour le contact avec le public, qui vient spécifiquement pour se procurer des créations québécoises à rabais. Ce sont donc des gens déjà intéressés à acheter des produits québécois. C‘est une valeur que je trouve très importante.»

La jeune entrepreneure détient une maîtrise en arts visuels de l’Université Laval et cherchait un moyen d’exprimer sa création photographique à travers ses œuvres. Le format du camée est une surface suffisamment grande qui lui permet d’y loger ses images. Ensuite, lors du montage du bijou, elle choisit des perles, cristaux ou breloques qui s’agencent avec les images. Finalement, la monture, disponible en bronze, argent et or, motive le choix des couleurs pour l’assemblage de ses créations.

La créatrice de bijoux mentionne qu’elle s’inspire de son humeur en général pour la réalisation de ses collections: «J’essaie de voir les couleurs qui vont sortir dans les prochaines collections, de m’intéresser au niveau du vêtement, de ce qui s’en vient. Ensuite, ce sont mes goûts esthétiques personnels. Je pars d’une couleur et je travaille ensuite mes thèmes principaux qui reviennent chaque saison comme le floral et le baroque.»

Sa clientèle cible est la femme enceinte ou celle qui vient d’avoir un enfant. «Elles ont besoin de couleurs, de quelque chose de simple. Elles me disent aussi qu’elles ne commenceront pas à s’acheter des vêtements. Les bijoux leur permettent de retrouver leur féminité. Aussi, la femme de 20 à 35 ans ainsi que les gens qui ont envie de quelque chose d’original, qui aiment les trucs vintage, d’époque ou old-school, vont se retrouver dans mes créations», nous a partagé Marie-Kim.

L’artiste est méticuleuse puisqu’elle accorde beaucoup de soin dans le choix des couleurs et elle aime se consacrer à une image pour ensuite la transformer en quatre variations sur un même thème. Les filles plus délicates, avec des goûts précis, peuvent trouver leur compte dans un modèle, car ce dernier est offert en multiples variantes. Avis aux peaux sensibles, la propriétaire de Fluolido utilise uniquement des matériaux de première qualité et ses attaches sont hypoallergéniques.

La conceptrice, qui s’implique à tous les niveaux de sa compagnie, constate que sa collection nautique part rapidement à la braderie. Cela fait trois ans qu’elle a démarré son entreprise et c’est son amour du nautique qui l’a amené à faire des bijoux: les ancres, les bateaux et les voiliers. «J’en ai fait beaucoup pour la braderie et là, je n’en ai plus en ce moment… L’appel de l’été se fait sentir, je pense».

Pour découvrir ses bijoux coquets, visitez sa boutique en ligne au: www.fluolido.com.

 

Entrevue avec la designer Pascale Viau, dans le cadre de la Braderie de mode québécoise au Marché Bonsecours: Des vêtements éthiques haut de gamme

Publié le 16 avril 2014 sur Bible urbaine

PascaleViau

C‘est lors de la Braderie de mode québécoise, qui se déroulait au Marché Bonsecours de Montréal, que nous avons rencontré la charmante Pascale Viau afin d’en savoir un peu plus sur sa passion. Depuis plus de deux ans, la créatrice développe sa griffe. Elle conçoit de magnifiques vêtements raffinés, d’une belle qualité, tout en s’approvisionnant de textiles récupérés. Ses créations aux coupes classiques se caractérisent par leurs petites touches d’originalité bien dosées. Entrevue avec une designer qui fait des merveilles avec les restants de tissus dénichés.

Pascale Viau a participé à plusieurs éditions du shopping semestriel dans la section Espace relève créative. Lorsque nous lui avons demandé pourquoi elle aime participer à ce rassemblement de créateurs québécois, Pascale explique: «Ça m’amène vraiment le contact avec les clients, car je n’ai pas de boutique. Il y a beaucoup d’achalandage, ça me fait connaître davantage. C’est une belle opportunité, je pense, de se faire connaître surtout dans l’Espace relève créative, en tout cas c’est un bon début.»

La jeune femme se distingue par son côté écologique, puisqu’elle approche les designers pour trouver du métrage restant, des fins de rouleaux. Autrement, ce tissu est «abandonné» par les autres designers, soit parce qu’il n’en reste pas assez pour une pièce, soit parce que le designer a décidé de ne plus utiliser ce tissu. Elle est éco puisqu’elle ne génère pas de demande de textiles.

La créatrice mentionne qu’elle trouve son inspiration pour ses créations dans la vie en général: «Ça peut être quand je vois quelqu’un dans la rue ou à l’écoute d’un film. Les idées me viennent sans que j’en sache nécessairement la provenance. Il y a une chose que je peux dire par contre, c’est que les textiles m’inspirent, car je dois me baser sur les tissus trouvés pour créer.»

Selon Pascale Viau, elle se différencie par sa touche éco. C’est une valeur ajoutée dans le sens qu’on ne perçoit pas vraiment ce style dans ses vêtements, épurés et classiques. La designer est passionnée par ce qu’elle fait et ça paraît. Elle précise qu’au départ elle est créative et qu’elle aime en plus le travail manuel. Selon elle, il y a beaucoup de rationnel et de créatif dans le fait de créer des vêtements, et elle possède ces deux côtés. Également, elle aime toutes les étapes de la conception du vêtement, du patron jusqu’à la fin de la confection.

L’artiste s’enflamme lorsqu’on lui demande pourquoi il est important d’acheter des produits québécois: «Ça fait rouler l’économie, ça fait travailler les gens d’ici. On a une passion, c’est pas juste une passion sur un coup de tête. On a aussi de bons créateurs, une belle main-d’œuvre, un produit de qualité qui va rester beau avec les années.»

La conceptrice précise que les robes se vendent bien à la braderie: «Une fois que tu as adopté la coupe, tu sais qu’elles vont toutes bien te faire. J’aime aussi travailler les rayures et je crois vraiment que ça convient à plusieurs styles de personnes.» Pascale Viau est particulièrement fière d’avoir réalisé son premier manteau avec un tissu qu’elle gardait depuis longtemps, mais qu’elle ne savait pas trop comment utiliser. Elle est fière de ce bon résultat, alors il est fort probable qu’elle aura envie d’en faire d’autres lors de ses futures collections.

Restez à l’affût: il y aura probablement une soirée avec ses créations au mois de mai en partenariat avec Pinkmuchacha. Consultez sa section Évènements pour plus de détails. Pour découvrir ses vêtements féminins et raffinés, visitez son site Web au http://pascaleviau.com.

 

Entrevue avec Geneviève et Sofie Dumais des Perles Rares dans le cadre de la Braderie de mode québécoise: Des bijoux urbains, amusants et colorés

Publié le 13 avril 2014 sur Bible urbaine

LesPerlesRares

C‘est lors de la Braderie de mode québécoise, qui se déroulait au Marché Bonsecours de Montréal, que nous avons rencontré les sympathiques jumelles Geneviève et Sofie Dumais afin d’en savoir un peu plus sur leur métier. Les deux sœurs talentueuses conçoivent des bijoux tout en se renouvelant constamment. Elles se caractérisent avec leurs bijoux multifonctions et conçoivent des créations uniques à la résine, un procédé secret qui les distingue des autres créateurs et qui fait leur fierté. Entrevue avec deux passionnées dont l’entreprise a fêté ses dix ans au printemps 2013.

Les Perles Rares sont des habituées de la braderie, car elles ont participé à plusieurs éditions de ce grand événement qui attire les fashionistas à la recherche d’affaires en or. Lorsque nous leur avons demandé pourquoi elles aiment participer à ce rassemblement de créateurs québécois, Geneviève explique: «J’aime beaucoup l’ambiance et la complicité entre les créateurs, c’est toujours un plaisir de se retrouver. De plus, la multitude des choix fait l’étalage d’une belle qualité de vêtements et d’accessoires et ça nous donne également l’occasion de rencontrer les gens qui sont derrière les créations.»

Les créatrices mentionnent que leurs inspirations proviennent de façon mystérieuse. En fait, elles y vont d’instinct et regardent ce qui se fait au niveau des tendances futures. Cependant, elles doivent s’adapter au fait que les femmes porteront leurs bijoux plusieurs années. Elles créent donc des bijoux qui perdurent dans le temps vu que leurs créations se portent dans la vie de tous les jours. Bien que leurs bijoux soient portés par une population variée, leur clientèle cible se situe entre 25 et 45 ans et c’est souvent une mère de famille qui s’intéresse à la création québécoise, remarque Sofie. Elle a réussi à déterminer ces caractéristiques lors de ses interactions sur les réseaux sociaux avec ses acheteuses.

Les jumelles s’illustrent des autres artistes par leur travail de la résine et leurs créations qui se transforment. Geneviève ajoute: «On réussit à être innovatrices avec le transformable et ça nous donne un contact privilégié avec les gens, car on est obligées de leur expliquer les différentes possibilités de porter les bijoux. C’est aussi intéressant à offrir en cadeau. Même les hommes aiment cela puisqu’ils doivent expliquer leur cadeau.» Depuis janvier 2013, elles peuvent également faire des intégrations d’images avec différents logos de compagnies, des souvenirs de voyage, des dessins d’enfants, etc.

Selon les conceptrices, le collier Royal, vendu à un prix fort avantageux de 35 $ (plutôt que 70 $), est l’un des meilleurs vendeurs de la Braderie, puisque c’est une aubaine réservée aux clients qui se déplacent à la Braderie. Et, comme ce collier est multitransformable, ces derniers peuvent bénéficier de plusieurs colliers pour le prix d’un. Il y a aussi les boucles Cosmos à la résine qui se vendent bien. «Il y a même des clientes qui se déplacent juste pour ça!», précise Sofie.

«Quand on se retrouve en salon et qu’on expose nos créations, le contact avec la clientèle, c’est vraiment privilégié… C’est quand j’étends les bijoux sur la table que je vois la réaction des gens, que là j’ai vraiment mon summum de joie», nous a partagé Sofie.

Les charmantes créatrices seront également à la Braderie de mode québécoise de Québec qui aura lieu du 17 au 19 avril prochain au Terminal de croisières Espaces Dalhousie. Pour découvrir leurs créations colorées, visitez leur site Web au www.lesperlesrares.com.

 

 

 

 

 

 

Bellevue, un album efficace proprement MV!

Misteur ValaireLe 9 septembre prochain, la formation Misteur Valaire lancera son quatrième CD Bellevue, en l’honneur du mont sherbrookois. L’éventail des influences est encore plus vaste, mais les collaborateurs y sont plus limités que sur l’album Golden Bombay. On constate que l’électro-pop prend encore plus de place sur ce dernier opus : les synthétiseurs sont débridés, les cuivres restent bien présents et les refrains sont accrocheurs.

Le premier extrait Bellevue Avenue surprend par son côté sensuel et ses couleurs orientales. Coup de coeur pour la pièce Don’t Get Là avec sa basse lourde (très bonne version de cette pièce remixée par 20Syl de C2C disponible sur le EP). J’ai également apprécié l’originale El Kid qui reste bien ancrée dans la tête avec ses cordes et sa chanteuse d’opéra. Reste que même si la production est léchée, plus mûrie, les membres n’ont pas perdu leur folie.

Le processus de création a été bien différent cette fois-ci. Habituellement, le groupe composait d’abord pour les spectacles pour ensuite essayer de recréer les chansons en studio. Cette fois-ci, les musiciens ont plutôt créé en studio avec des maquettes sans avoir de structures précises. Il y a quelques invités de marque tels que le chanteur londonien Jamie Lidell et Heems, membre du défunt groupe rap alternatif Das Racist. Que dire de la participation de l’entraîneur de hockey Stéphan Lebeau accompagné du golfeur Jérôme Blais dans la comique La Nature à son meilleur, qui commentent joyeusement la pêche sportive! On les entend dire dans les échantillons de voix : « Mais quand j’sais que j’m’en va pêcher, y’a rien pour m’arrêter! C’est vraiment vraiment un sport incroyable. »

Depuis mai dernier, le groupe dévoile une nouvelle approche en proposant dorénavant à ses adeptes un modèle par abonnement mensuel sur Ghoster. Cette formule permet aux fans de lessoutenir de manière régulière, en échange de différents privilèges. Aussi, ils ont collaboré avec la brasserie McAuslan afin de distribuer leur EP (Bellevue Avenue, Don’t Get Là ainsi que trois remix) dans leurs caisses de bières spécialement conçues.

Les festifs musiciens s’arrêteront sur la scène du Théâtre Granada de Sherbrooke le 11 septembre, puis au Métropolis de Montréal le 13 septembre et finalement à l’Impérial de Québec le 14 septembre. Un excellent album où l’on constate encore la complicité du quintette. Le public n’a qu’à bien se tenir puisque le groupe sherbrookois offre toujours des spectacles mémorables.

°1 (Degré un), Champion, un chaotique voyage aux envolées symphoniques

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De touchantes combinaisons cordes-cuivres, des arrangements orchestraux grandioses, des notes d’une intense fragilité… Avec ce nouvel album, Champion fait une incursion dans l’univers de la musique classique où les sonorités électros sont plus subtiles. Une mise à nu musicale qui partage les montagnes russes émotionnelles du combat contre le cancer qu’il a mené.

Le troisième album de Maxime Morin, s’écoute du début à la fin pour nous faire vivre des phases précises d’émotions et d’états d’esprit très polarisés. °1 possède plusieurs facettes : la première portion de l’album est composé d’oeuvres plus orchestrales, ensuite on reconnaît davantage Champion avec des rythmes plus entraînants. Pour cet enregistrement, il s’est entouré de ses fidèles G-Strings et Pilou à la voix. On peut également y entendre l’exubérante Fab de Random Recipe, le quatuor à cordes Mommies on the Run ainsi que le tromboniste et arrangeur Jean-Nicolas Trottier.

Dès l’ouverture de l’album, on constate que nous ne sommes pas du tout dans la même lignée que Chill’Em All (2004) ou Resistance (2009). °1 est plus introspectif et mise davantage sur les ambiances. Comme l’explique l’artiste, il a osé la musique classique puisque c’est elle qui sied le mieux pour exprimer cette sensibilité. Inutile d’essayer d’y retrouver un succès radiophonique tel que No Heaven ou Alive Again.

Il y a de très bons moments sur cet opus comme le troisième morceau Every New Now qui met en vedette la rappeuse Fab de Random Recipe. Aussi, d’excellentes pièces aux allures de musique de film comme Montecristo et Ursula. À l’opposé, il y des moments plus trash avec distorsions ainsi que les violons stridents sur L’envol du ciel. Et puis surprise! On ne voit pas du tout venir Morin qui boucle son récent disque avec quatre chansons au style folk-blues-garage auxquelles il prête spontanément sa voix.

°1 est une oeuvre déstabilisante qui s’apprivoise lentement… Ça vaut tout de même la peine de s’y attarder pour l’authenticité de la démarche! On apprécie la nouvelle aventure du compositeur ou l’on décroche…

Accompagné par ses G-Strings ainsi que l’orchestre I Musici, la première du spectacle °1 aura lieu le 6 juillet à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, dans le cadre du Festival International de Jazz de Montréal.

 

The Cat Empire, Steal The Light, un son éclectique d’une joie contagieuse

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Le réputé groupe australien, originaire de Melbourne, est de retour avec Steal The Light, un album coloré qui marque leur dixième anniversaire d’existence. Un retour à l’essence même de ce qu’est leur musique : un assemblage de rythmes, de mélodies accrocheuses et d’énergie positive. Une trame sonore estivale qui fera certainement danser les foules!

Difficile de définir l’univers musical du collectif puisqu’il saute souvent d’un style à l’autre au coeur d’une même chanson : jazz, reggae, funk, ska, hip-hop, gypsy… Repoussant constamment leurs limites, explorant divers styles et sonorités, The Cat Empire innove encore. Les membres permanents du groupe sont Oliver McGill (claviers), Ryan Monro (basse), Felix Riebl (percussions et chant), Harry James Angus (trompette et chant), Will Hull-Brown (batterie) et Jamshid Khadiwala (DJ et percussions). À ce noyau de base se joint The Empire Horns composé de Ross Irwin (trompette) et de Kieran Conrau (trombone).

Plusieurs idées maîtresses du dernier l’album ont pris forme à La Nouvelle-Orléans puisque le chanteur Felix Riebl a séjourné deux mois en Louisiane. Captivé par une récente édition du célèbre Festival de jazz du Vieux-Carré, il a voulu s’imprégner de l’atmosphère pour l’ébauche de nouveaux morceaux. Harry James Angus, l’autre auteur-compositeur du groupe, a ensuite complété ces compositions en les parsemant de ses idées. On entend très bien cette inspiration et le groupe retrouve leur spontanéité qui se dégageait sur l’album Two Shoes (2005). Ce dernier a d’ailleurs obtenu un succès immense puisqu’il a été classé numéro un des ventes en Australie. Les opus qui ont suivi, So Many Nights (2007) et Cinema (2010), m’avaient moins enchantée. Leurs enregistrements trop proprets, sans grand rebondissement, enlevaient la touche de folie originale qui caractérise la bande.

Reste que The Cat Empire c’est bon sur album, mais tellement mieux sur scène! Le live permet aux musiciens de déployer leur côté festif et éclaté, de laisser place à de fulgurantes improvisations… La formation possède une solide section de cuivres, des percussions latines, des tables tournantes groovy de même que deux chanteurs qui se complètent bien : Harry possède une voix puissante (il est également un excellent trompettiste) tandis que Felix a une voix relaxe aux influences reggae…

Le sextuor sera d’ailleurs à Montréal le 5 juillet dans le cadre du Festival International de Jazz de Montréal ainsi qu’au Festif de Baie-Saint-Paul le 28 juillet.

New Love, du Caféïne comme on l’aime!

caféïneXavier Caféïne nous revient quatre ans après son deuxième album solo Bushido. New Love a été composé à Montréal et réalisé à New York dans les studios de Gus Van Go (The Stills, Les Trois Accords, Priestess, Vulgaires Machins) accompagné de son acolyte Warner F. Un album punk et new wave où les claviers sont omniprésents!

Ce troisième album est très électrique avec des textes plus sombres que ses deux prédécesseurs. C’est que l’auteur a vécu une peine d’amour à la dure, preuve que la douleur peut être un moteur pour l’inspiration. L’auteur-compositeur-interprète a passé deux mois dans la Grosse Pomme, en retrait de Montréal pour être en contact avec ses émotions. Il n’en demeure pas moins que même si l’on ressent une certaine tristesse dans les paroles, le résultat final est très énergique!

Le nouvel album de Caféïne est majoritairement anglophone, il n’y a que trois pièces en français, dont la magnifique Lettre d’amour ainsi que les deux titres bonus. Impressionnant de constater que le fougueux chanteur est également multi-instrumentiste, puisqu’il a joué de la batterie, du synthétiseur, de la guitare, de la basse sur son dernier enregistrement. De plus, on entend des références musicales à The Cure et à Joy Division. Ses sources d’inspiration sont David Bowie et Iggy Pop puisqu’il est passionné de la musique des années 1990. Le musicien emprunte beaucoup à ses premières amours musicales, mais il assume entièrement…

Ça donne une oeuvre très peaufinée : le riff de basse dans Electric, des refrains accrocheurs, la batterie qui mitraille dans Love is a Riot, le côté punk qui donne envie de danser ainsi qu’une touchante poésie qui traite de l’amour sous toutes ses facettes, un sujet qui ne se démode jamais… On souhaite maintenant que New Love connaisse un succès à l’étranger! Le rocker donnera un concert dans le cadre du prochain festival Osheaga ainsi qu’au Festival d’été de Québec.