New Love, du Caféïne comme on l’aime!

caféïneXavier Caféïne nous revient quatre ans après son deuxième album solo Bushido. New Love a été composé à Montréal et réalisé à New York dans les studios de Gus Van Go (The Stills, Les Trois Accords, Priestess, Vulgaires Machins) accompagné de son acolyte Warner F. Un album punk et new wave où les claviers sont omniprésents!

Ce troisième album est très électrique avec des textes plus sombres que ses deux prédécesseurs. C’est que l’auteur a vécu une peine d’amour à la dure, preuve que la douleur peut être un moteur pour l’inspiration. L’auteur-compositeur-interprète a passé deux mois dans la Grosse Pomme, en retrait de Montréal pour être en contact avec ses émotions. Il n’en demeure pas moins que même si l’on ressent une certaine tristesse dans les paroles, le résultat final est très énergique!

Le nouvel album de Caféïne est majoritairement anglophone, il n’y a que trois pièces en français, dont la magnifique Lettre d’amour ainsi que les deux titres bonus. Impressionnant de constater que le fougueux chanteur est également multi-instrumentiste, puisqu’il a joué de la batterie, du synthétiseur, de la guitare, de la basse sur son dernier enregistrement. De plus, on entend des références musicales à The Cure et à Joy Division. Ses sources d’inspiration sont David Bowie et Iggy Pop puisqu’il est passionné de la musique des années 1990. Le musicien emprunte beaucoup à ses premières amours musicales, mais il assume entièrement…

Ça donne une oeuvre très peaufinée : le riff de basse dans Electric, des refrains accrocheurs, la batterie qui mitraille dans Love is a Riot, le côté punk qui donne envie de danser ainsi qu’une touchante poésie qui traite de l’amour sous toutes ses facettes, un sujet qui ne se démode jamais… On souhaite maintenant que New Love connaisse un succès à l’étranger! Le rocker donnera un concert dans le cadre du prochain festival Osheaga ainsi qu’au Festival d’été de Québec.

De l’art engagé à l’art esthétique…

IMG_5284À la Galerie d’art du Centre culturel de l’Université de Sherbrooke étaient présentées deux expositions du 26 février au 6 avril dernier. Deux artistes très différents dans leur travail : Marc Séguin et Erik Beck. Impressions sur cette visite intéressante, mais bouleversante

La foi du collectionneur de Marc Séguin regroupait une vingtaine d’oeuvres retraçant son parcours artistique des quinze dernières années. Celles-ci étaient divisées en thématique mettant de l’avant certains sujets de prédilections et préoccupations majeures de l’artiste. Marc Séguin représente certains événements et acteurs de notre histoire contemporaine d’une manière surprenante. Il est l’un des chefs de file de l’art contemporain québécois. Ses toiles sont de grandes dimensions et les matériaux utilisés pour leur réalisation sont inusités (animaux naturalisés, goudron, sang d’agneau, cendres humaines…). Il expose des sujets graves et provocateurs comme la mort, la violence…

Photo: Pedro Mendonça

Honnêtement, je ne connaissais pas son travail avant de me présenter à l’exposition. Ce fut pour moi un choc! J’ai été troublée par certains tableaux d’où se dégageaient une tristesse et même une brutalité… J’avais beau avoir un guide explicatif pour essayer de me retrouver, je ne comprenais pas ce qui poussait l’artiste à aborder des thèmes aussi sombres. Le peintre réussit ainsi son pari : celui de faire ressentir des émotions vives aux visiteurs sans avoir besoin d’explications didactiques. Il veut laisser sa trace, secouer le monde et il y arrive parfaitement! Le lendemain, remise de mes émotions, j’ai eu le goût d’en savoir plus sur ses motivations et j’ai ainsi compris davantage ce qu’il voulait dénoncer…

Paysages catastrophiques

Inaugurée en 2009, la série des Ruines est tirée de documents photographiques d’archives. Pour rappeler le caractère éphémère du monde qui nous échappe, l’artiste utilise des matériaux organiques comme les cendres humaines et le sang d’agneau. Depuis 2000, il multiplie les représentations de catastrophes et désastres du monde contemporain largement diffusées dans les médias. Dans sa toile Void 5 (2007), il peint les débris du World Trade Center.

Nature

Ce n’est pas un lieu de tranquillité, mais un endroit de lutte constante pour la survie. Séguin fait référence à notre propre animalité dans la société où nous évoluons. Dans l’oeuvre La buse pattue (2003) où l’oiseau est abattu en plein vol, le motif de la chute signifie la menace. Séguin met également en scène les rapports entre l’homme et l’animal. Dans i love america and america loves me – part 3 (2008), le motif de la chute est personnifié par l’artiste lui-même dans cet autoportrait où l’homme rencontre le prédateur.

Portraits

En 1999-2000, il produit une série nommée Leap Year où des femmes en position d’attente sont vêtues de robes de mariées. Séguin utilise des noirs en aplat pour donner des impressions de clair-obscur.  Il a voulu faire référence à une coutume en Écosse et en Irlande où les femmes peuvent demander en mariage un homme uniquement lors des journées bissextiles. La série Généalogie (2009) traduit son intérêt pour la représentation des artistes majeurs du XXe siècle auxquels le peintre s’identifie. Réalisée au fusain et à l’huile à partir de documents photographiques, ces portraits présentent une facture réaliste dont le fini photographique est déstabilisé par quelques rehauts de couleur. Cette intervention picturale est brutale dans le Portrait of Roman Abramovitch #1 (2011). Séguin défigure d’une tâche de goudron cet oligarque russe qui a fait fortune avec le pétrole.

Beck : un art numérique

Dans l’espace Invitation de la galerie d’art, on pouvait découvrir Erik Beck avec son exposition Immobile. Celui-ci a étudié à l’Université Concordia en photographie et en sculpture. Cofondateur du groupe Montréal Art Mobile, l’artiste réalise des photographies avec un nouveau médium soit le téléphone intelligent. Il part sans but précis à la recherche de la beauté insoupçonnée dans les endroits du quotidien. L’iPhonographie : c’est un geste créatif spontané. Par la suite, Beck utilise avec parcimonie les applications du téléphone cellulaire pour obtenir le résultat souhaité. Il se dégage de ces tableaux au petit format une harmonie et une complexité dans l’assemblage des photographies.