Dumas : prolifique et festif!

DumasDans le cadre de sa tournée pour l’album L’heure et l’endroit, Dumas s’est arrêté pour une toute première fois au Théâtre Granada le 8 février dernier. Rencontre avec un passionné de musique fort sympathique et compte-rendu d’une prestation où il a réussi à séduire la foule!

Pour la réalisation de L’heure et l’endroit, sorti en mars 2012, l’auteur-compositeur-interprète s’est fait aider par ses deux acolytes Carl Bastien et Louis Legault. « Ça fait 12 ans que je travaille avec eux, je voulais me réunir avec ces deux amis-là. Ils ont de bonnes oreilles et me relancent beaucoup. Ils me poussent plus loin au niveau de la création. »

Son dernier opus aux accents pop-britanniques, inspiré des années 60, est plus rythmé et lumineux. Les chansons y sont accrocheuses, parsemées de choeurs mélodiques et le piano y est omniprésent. Cet album est totalement à l’opposé de son projet précédent plus introspectif. Entre décembre 2008 et décembre 2009, il a passé une année en studio pour produire cinq albums. Il explique son évolution ainsi : « Je voulais quelque chose de spontané, direct… Un album énergique qui se transpose bien sur scène. Je suis content de l’avoir fait. On verra si je change d’avis dans dix ans… »

Depuis l’automne dernier, il parcourt les routes du Québec accompagné de ses trois comparses musiciens de tournée : Martin Lavallée (batterie), Alexandre Dumas (basse) et Jocelyn Tellier (guitare-percussions). « Pour moi, c’est un privilège de jouer devant un public. C’est comme si l’on recommençait toutes les fois, on s’adapte aux gens » raconte-t-il. On s’aperçoit que l’artiste prend plaisir à interagir avec les spectateurs, ce qui permet de faire place à l’improvisation et de donner des prestations uniques. La bête de scène souligne que c’est le spectacle le plus intéressant fait dans sa carrière : « On a plus de répertoire et je me fais plaisir. Je veux que les derniers shows avec le band soient le fun, car j’aimerais peut-être retourner à une carrière solo par la suite… »

Peu importe vers quels projets Dumas se dirigera, on sait qu’il saura encore nous surprendre par sa créativité! Ce dernier s’impose une discipline pour la création, puisqu’il essaie de composer chaque jour. C’est l’un des artistes québécois les plus productifs de sa génération : il cumule neuf disques solos depuis le début de sa carrière professionnelle en 1999.

Un concert d’une énergie contagieuse

Un auditoire peu nombreux (environ 300 personnes, la tempête de neige de cette soirée n’a certainement pas aidé…) a assisté au spectacle de Dumas au Théâtre Granada le 8 février dernier. C’était le baptême de l’artiste dans cette salle, lui qui était plutôt un habitué du défunt Vieux Clocher de l’UdeS. La première partie du spectacle étant plutôt tranquille, ce ne fut pas une tâche facile pour ce dernier de faire lever ce public peu démonstratif. Il y avait pourtant un bel endroit spécialement désigné pour danser devant la scène… Serait-ce à cause de l’ouverture qui était composée de chansons de L’heure et l’endroit, opus moins connu des spectateurs? La touche Motown des compositions du plus récent album aurait pu faire en sorte que ceux-ci aient le goût de se laisser emporter…

L’auteur-compositeur-interprète interpellait beaucoup l’assistance en l’encourageant à chanter avec lui. Aussi, il nous a exprimé sa gratitude : « Merci d’avoir bravé la tempête Sherbrooke! » Ses chansons étaient personnalisées puisqu’il y insérait des mots tels que la rue King, le lac des Nations et Sherbrooke.

La deuxième moitié était plus électrique puisqu’il a interprété ses classiques comme Alors alors, Au gré des saisons, Vénus… Le plancher de danse est soudainement devenu plus bondé, même ceux qui étaient bien assis à leur table se sont alors levés. Le public était en symbiose avec le chanteur et la glace était pour ainsi dire brisée… Entouré de ses trois talentueux musiciens de tournée, on sentait une belle complicité sur scène. L’artiste a été généreux puisqu’on a eu droit à deux rappels et une très belle interprétation de la touchante Linoléum en solo à la guitare.

En terminant, il s’est adressé à la foule en spécifiant que le Granada était une très belle salle et qu’il ne comprenait pas pourquoi il ne s’y était pas produit auparavant. J’ai bien apprécié ce spectacle qui était tout en contraste : tantôt énergique et ensuite plus introspectif. Et que dire de la petite danse à la James Brown de Dumas? Difficile de ne pas être charmé!